Adresse aux membres de l’UTE par le Secrétaire d’Etat à la Culture, Miguel Honrado, Portugal


L’Union des Théâtres de l’Europe se définit comme un espace dédié à l’art dans le champs européen.


Fondée à l’initiative du Ministère de la Culture Jack Lang et du grand maître italien Giorgio Strehler, ses actions relèvent d’une politique culturelle qui participe de l’avènement de la culture comme élément structurel d’un projet politique.


Ses valeurs – le partage, la coopération, la pensée et la solidarité – témoignent de ce qu’elle a su envisager la réalité contemporaine des réseaux européens, avant l’heure. Aujourd’hui encore, c’est ce qui fait la force des institutions théâtrales européennes que vous représentez tous.


Les membres de ce réseau, dont le TNSJ est l’un des piliers les plus résilients, sont de ceux vers lesquels nous nous tournons tous lorsque nous tentons de penser, d’agir, de partager et de porter cette idée du théâtre comme art de la communion et de la communauté.


Sa fondation représentait un exemple, pour une Europe qui comprenait que la chute du mur de Berlin et l’ouverture de l’Europe de l’Est n’était pas seulement une évidence mais un besoin, dans la mesure où cela signifiait la possibilité de racheter l’Histoire à travers le théâtre : l’Histoire, celle qui doit être partagée et celle qui se forge dans la mémoire collective. En faisant cela, le théâtre prétendait savoir que, comme le disait Saint François d’Assise, le verbe est action.


Le TNSJ accueille l’UTE pour la seconde fois de son histoire et beaucoup de choses ont changé depuis 2003, date à laquelle le théâtre est devenu membre. En Europe, dans la façon que les théâtres ont de coopérer et dans l’importance grandissante d’une politique culturelle consciente du dialogue ouvert qui s’instaure entre des publics, des institutions, des artistes et des discours artistiques. Mais ce qui n’a pas changé, c’est la volonté d’embrasser des causes comme celle ci, l’aventure d’un théâtre fait de ce qui est commun et à travers lequel nous pouvons faire, donner et apporter.


Les théâtres, comme les cafés, disait Georges Steiner, sont des lieux de rencontre à partir desquels nous pouvons observer l’Europe. Ils sont les premiers lieux où une communauté peut s’établir. Il en était ainsi dans la Grèce antique, il en est toujours de même aujourd’hui, à l’heure où chaque théâtre dans chacune de vos villes ouvre ses portes au public, et de la sorte, forme l’identité de ses citoyens.


A travers les années, l’histoire que vous avez forgé ensemble, au-delà des difficultés, est une réussite. Et encore une fois, la preuve en est de l’histoire personnelle du TNSJ. Mais l’histoire que vous êtes en train d’écrire au cours de ces trois jours à Porto est celle qui compte.


Pour un Ministère de la Culture qui met l’internationale au cœur de son action, l’Union des Théâtres de l’Europe, et la place qu’y tient le TNSJ, n’est pas seulement fondamentale, mais stratégique. Pas uniquement pour faire partie d’un projet plus grand, mais comme le dit Alain Badiou, le théâtre par définition, n’existe pas, mais permet à ce qui est autour de lui d’exister. C’est encore plus vrai dans une ville comme Porto, où la culture est un facteur de changement.


A travers la mission de l’UTE, le rôle du TNSJ au sein de la ville de Porto est également différent. Cela importe à ceux qui vivent ici, mais également à tous ceux qui habitent le reste du pays et qui peuvent être fiers lorsqu’ils regardent notre théâtre, sachant que celui-ci a un statut national et qu’il les représente.


Je conclurai en remerciant chacun des membres de l’Union des Théâtres de l’Europe de nous donner la force de ne pas renoncer et de nous permettre de continuer à être un membre actif de l’avenir de ce réseau. Je remercie également le directeur artistique de ce théâtre, Nuno Caringas, ainsi que la présidente du Conseil d’Administration, Francisca Carneiro Fernandes, leur équipe administrative, technique et artistique pour avoir organiser ces trois jours, et le public, celui que nous avons ici, et celui que vous nous aidez à trouver chez vous. Merci.